Marchés et réglementation

Poisson et crustacés

Marché mondial des produits aquatiques : bilan 2017

Jean-François AUBRY | 21 avril 2018 |

photo : Sapmer
Alors que la consommation mondiale est toujours en croissance, la hausse de la production est assurée par l’aquaculture, qui totalise désormais 55 % des volumes. En France, les achats des ménages de produits aquatiques surgelés sont en net recul sur l'année 2017.






Selon le dernier rapport de la FAO, la production mondiale de produits aquatiques en 2017 s’établit autour des 174 millions de tonnes (en équivalent poids vif), soit une hausse de 2,3 % par rapport à 2016. Sans surprise, les captures issues de la pêche plafonnent à 90,4 millions de tonnes, et marquent même en 2017 un léger recul de 0,9 % par rapport à l’année précédente.  Inversement, la production aquacole progresse encore de 4 à 5 % pour atteindre 83,6 millions de tonnes. Et si on écarte de ce bilan les captures de la pêche purement destinées à l’alimentation animale, le rapport de force penche encore plus en faveur de la l’aquaculture. Sa part dans la consommation mondiale humaine des produits aquatiques serait désormais de 55 %.


Une consommation mondiale toujours en hausse

De son côté, la consommationde de produits aquatiques est toujours poussée par la demande mondiale, notamment en provenance des pays émergents. On note en particulier sur 2017 un accroissement très sensible de la demande en Russie ainsi qu’au Brésil. « À la faveur de leur niveau de vie en hausse, les consommateurs de ces pays désirent enrichir leur alimentation de protéines animales en se tournant vers les produits aquatiques », explique-t-on chez France Agrimer. Au final Même si la production a encore légèrement progressé, notamment du fait de la poussée de l’aquaculture, elle n’arrive pas pour autant à compenser l’augmentation de la demande mondiale. Si bien que les prix sont plutôt restés orientés à la hausse (lire ci-dessous le bilan  par grandes espèces publié par France Agrimer).


Des importations en retrait au sein de l’U.E.

Au sein de l’Union, les importations se sont rétractées de 10 % en volume et de 8 % en valeur alors que les exportations se sont repliées de 9 % en volume et en valeur. Sous l’effet d’un renchérissement du prix moyen de près de 4 %, les importations de cabillaud de l’UE baissent de 8 % en volume et de 4,5 % en valeur. Sur le lieu d’Alaska, les importations ont reculé de près de 3 % en volume et de 10,5 % en valeur avec un prix moyen en régression de près de 8 %. Les prix des crevettes tropicales d’Équateur et du poulpe congelé poursuivent, en revanche, leur tendance haussière.


Enfin le panel de ménages suivi par Eumofa (L’Observatoire européen des produits de la mer) dans les principaux pays consommateurs de produits de la mer montre que la consommation des ménages a progressé en valeur et en volume sur les 11 premiers mois de l’année 2017 en Allemagne et en Italie. À l’inverse, la consommation des ménages en valeur et en volume régresse au Danemark, en Espagne, en Hongrie, en Irlande, en Pologne, au Portugal. En France, aux Pays- Bas et en Suède, elle baisse en volume mais augmente en valeur. Au contraire, au Royaume-Uni, les volumes s’élèvent mais la valeur des achats régresse, toujours sur les 11 premiers mois de l’année.


Retrouvez l'intégralité du bilan "pêche et aquaculture" sur le site de France Agrimer



Sources : FAO Globefish, FranceAgriMer, VISIOMer, Douanes françaises, Kantar Worldpanel, RN


bilan achats menages 2017

 

 

 

Production mondiale et évolution des prix

Bilan par grandes espèces (source France Agrimer)


Saumon

Le prix du saumon norvégien est redescendu en 2017 après avoir connu des sommets historiques en 2016. Mais sur l’ensemble de l’année 2017, son prix n’est en recul que de 4 % après avoir connu une hausse de plus de 50 % en 2016 par rapport à 2015. Second producteur mondial de saumon, le Chili a connu une année de reprise en 2017 avec une production en hausse de 4,4 % par rapport à 2016 pour atteindre 760 000 tonnes. Parallèlement, les marchés sont en pleine mutation avec une réorientation de la demande au profit des marchés de l’Asie de l’est et du sud-est. En effet, alorsque le prix du saumon atteignait des sommets, les marchés développés traditionnels (UE, États-Unis, Japon) ont rechigné à en acheter ; la demande des pays émergents est restée intense.

Crevette

Les analystes de l’aquaculture estiment que la production de crevettes est dans une phase de croissance modérée en 2017. Alors que les élevages chinois semblent baisser de 10 à 20 %, affectés par le climat trop chaud, comme au Bangladesh, en Indonésie et en Thaïlande, du côté de l’Inde, ils augmentent de 25 % par rapport à 2016, et de 14 % en Équateur. Les importations de la triade UE – États-Unis – Japon ont été plus élevées en 2017 que ce qu’elles étaient en 2016, en lien avec la reprise économique des pays riches.

Poissons blancs

Les cours des poissons blancs se sont raffermis en raison de la baisse des captures induites par une diminution des quotas. Notamment, le cabillaud est à des niveaux de production bas en 2017 en raison d’une baisse des captures, elle-même liée à une baisse des quotas. Le prix moyen du cabillaud est donc élevé en 2017. Mis à part sur le lieu noir, les perspectives de marchés pour 2018 sont toujours tirées par une demande soutenue mais une concurrence accrue est attendue pour l’accès à la ressource pour les producteurs.

Thon listao et albacore

Le cours du thon listao (Katsuwonus pelamis) est reparti à la hausse en 2017, après 3 années de cours faibles. De bonnes captures dans le Pacifique centre et une baisse de la demande en conserves en Europe et aux États-Unis sont à relever. L’effort de pêche a baissé par contre dans l’Océan Indien, dû à l’arrêt de pêche de thon albacore (Thunnus albacares) imposée à la flotte espagnole à l’automne pour cause d’épuisement de quota. Les prix européens pour le thon listao et le thon albacore baissent mais le thon en longes reste stable.

Bar et daurade royale

La production d’élevage de bar et de daurade royale a été dynamique en 2017, aussi bien en Grèce qu’en Turquie. Malgré une amélioration du contexte européen sur les marchés, cela a induit une pression à la baisse sur leurs prix.

 



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